Cyclosportives 2009

Mardi 21 juillet 2009
L'Etape du Tour Mondovélo c'est la grosse artillerie cyclosportive. Une organisation digne des pros, des routes privatisées, tout est bien huilé. Beaucoup de concurrents ne courent que cette épreuve et cette année elle est corsée. Le Ventoux fait peur mais c'est aussi lui qui attise l'intérêt du cycliste. Et avant d'affronter cette montagne mythique il faudra avaler quelques "petits" cols qui feront doucement monter la pression.

Sébastien devait nous rejoindre dans le sud pour prendre part à cette partie de manivelles, mais à peine une semaine après son REV dans des conditions météo difficiles il a choisi de faire l'impasse. Sage décision, la chaleur et l'enchaînement des difficultés a fait de nombreuses "victimes".

Dimanche nous avons rendez-vous à Montélimar pour la présentation de la patrouille Eco Cyclo qui est présente pour la première année sur l'Etape du Tour. C'est un geste très important pour l'épreuve, du moins il me semble après ce que j'en ai vu l'année dernière. Comme pas mal d'épreuves de masse importantes (hors Ardéchoise !) la gestion des déchets est problématique. Prenons conscience que notre comportement peut mettre à mort notre pratique.


Nous récupérons donc nos dossards puis passons un petit moment sur le stand de la FFC avec certains membres de la patrouille. Retour à nos pénates en fin d'après-midi pour finir les préparatifs.

Lundi matin, le réveil sonne à 3h30. Que c'est dur ! Cependant il nous faut être partis une heure plus tard pour ne pas subir les inévitables bouchons qui vont se former autour de la cité du nougat. Ma femme nous dépose à la sortie de l'autoroute et nous rejoignons Montélimar en vélo en guise d'échauffement dans les premières lueurs du jour. Le trafic est déjà très chargé et la route sera complètement bloquée à peine 15 minutes plus tard. C'était tout juste.

Nous arrivons dans notre sas très tôt. Peu après Mark et Anne Haycraft nous rejoignent. Mark semble bien remis de ses 9 grimpées du Ventoux le week-end précédent. En bon adepte de l'effort long et solitaire il arrivera à enchaîner avec cette EDT dans un temps honorable. Voilà qui inspire le respect.

Le temps est idéal pour affronter le Ventoux. Il fait très beau, déjà 18°C à 6h30 et pas un souffle d'air. Il risque néanmoins de faire très chaud dans les rudes pentes du Mont Chauve.


A 7 heures pétantes le coup d'envoi est donné. Enfin pour le premier sas, nous nous partons 26 minutes plus tard. C'est très lent jusqu'à l'arche de départ puis les chevaux sont lâchés. C'est parti !

J'ai pris la décision de faire la course avec mon père jusqu'au pied du Ventoux. Ma forme actuelle ne me permet pas de faire un temps, alors autant partir prudemment et bien profiter des roues. Nous remontons assez rapidement jusqu'au pied de la côte de la Citelle. Première bosse sur la plaque, comme prévu, nous remontons encore très rapidement les 6500 coureurs partis devant nous. Dans la descente premier gros coup de frein. Le peloton est arrêté à cause d'une chute. Un gars est au sol, sérieusement touché semble-t-il. Cela me rappelle quelque chose...

La course se poursuit, rapide mais pas débridée. Il y a une très grosse différence de niveau entre les groupes qui remontent et ceux qui se font reprendre ce qui occasionne quelques belles vagues sans accrochage. Petite remontée dans Rousset les Vignes, toujours sur la plaque. Pour le moment les sensations sont bonnes.

Faux plat descendant très rapide sur Nyons, toujours en remontant. Nous prenons ensuite un petit vent de face, donc je me blotti dans les roues jusqu'au carrefour de la route de Sainte Jalle. Même route fermée c'est la portion la moins agréable du parcours. Les paysages redeviennent plus sympas dans le faux-plat remontant vers le pied de la seconde difficulté. C'est là aussi que je sens les cuisses durcir. Nous roulons depuis moins de 2 heures, ce n'est pas bon signe. Je reste dans les roues, jouant la prudence. Je ne met le nez dehors que pour boucher des petits trous qui se forment au gré de la remonté des groupes.

Le col d'Ey. Au pied je recommande à mon père de laisser filer les gars avec qui nous étions depuis le départ ou presque. Il ne faut pas se brûler trop tôt. D'ailleurs nous allons retrouver ces mêmes types quelques kilomètres plus loin.


Vers le milieu de l'ascension un gars m'interpelle en anglais avec un fort accent allemand. Il est habillé 100% Canyon et me demande mon impression sur le vélo. En fait il bosse pour Canyon qui a présenté au départ une délégation de ses employés.

Sommet du col, jonché de détritus. Une zone de délestage y a été installé mais les déchets des concurrents ont largement débordés au delà de la zone prévue. Descente rapide sur un revêtement totalement neuf. Merci le Tour ! Je m'y fait plaisir et attend mon père une trentaine de seconde au pied, après avoir séparé deux imbéciles à la limite d'en venir aux mains. En pleine descente à 60km/h, faut vraiment être con.

Mon père souhaite faire une pause au ravito de Buis les Barronies pour faire le plein des bidons. J'ai encore de quoi faire donc je le laisse et m'arrête quelques encablures après le village pour une pause technique. Nous repartons ensemble pour la troisième bosse, le col de Fontaube.

Dans le carrefour entre la route de Buis et celle du col il y a un nombre impressionnant de spectateurs. Drapeaux, banderoles, tout y est. On a vraiment l'impression d'y être. Dans ce col aussi la route a été refaite. Le rendement est bien meilleur que lors de la reconnaissance mais nous ne reprenons plus de temps par rapport au mois de mai. Nous avons 15 minutes prises dans la première heure, mais depuis plus rien. Oups...

Au col le Ventoux se découvre sous sa face la plus impressionnante. Tout le monde lève les yeux mais personne ne dit mot. La pression monte d'un cran.


Encore des spectateurs du côté de Brantes puis du col des Aires. Ils ont organisé des ravitos sauvages offrant sandwiches et eau à profusion. C'est un peu l'ambiance Tour de France, on se sent presque pousser des ailes. Presque parce que les jambes sont de plus en plus dures.

La remontée de la fin de la vallée du Toulourenc est plus simple qu'en mai car sans vent contraire et en groupe. Viens ensuite la montée vers Aurel, qui use encore un peu les cannes. Je peux toujours accélérer franchement mais je crains les crampes. Elles arriveront juste après Aurel. Je tente de m'étirer les quadriceps sur le vélo en profitant du léger faux-plat descendant vers Sault. Grosse erreur c'est là qu'une grosse crampe aux ischios me prend. Je la fait passer assez rapidement mais j'ai perdu le contact avec mon groupe et mon père par la même occasion.

A Sault je fais une pause pour faire le plein des bidons. J'ai fait le choix de m'arrêter aux ravitos exclusivement liquides pour perdre mois de temps. Cela me donne aussi une petite minute pour faire définitivement passer cette crampe. Je repars pratiquement seul et tente de revenir sur un groupe. C'est chose faite au pied du col Notre Dame des Abeilles.

Il commence à faire chaud, mon compteur indique 28°C. Les premières rampes sont raides mais cela ne dure pas. Les premiers dossards 9000 me passent, comme des fusées. Pas le même rythme. Pourtant même si je ne suis pas au top de ma forme je remonte toujours beaucoup de monde. Encore un col de passé, plus qu'une bosse !

Petite devinette : où suis-je ?

Descente rapide, mais pas trop, je suis relativement isolé. Et ne voulant pas prendre une position inconfortable qui ferait revenir les crampes je ne peux pas prendre de vitesse. Nous traversons Villes sur Auzon sous les encouragements des gamins d'un centre aéré et des habitants attablés aux bars pour l'apéro. Il y a un groupe à peine 100m devant mais nous ne sommes que deux. Il nous faudra 4km pour rentrer et les crampes reviennent.

Mormoiron, remontée calme dans le village. Les visages sont crispés, le Ventoux se dresse, impressionnant. Un mec se tourne vers moi : "Et maintenant ça va être l'Enfer". Je lui répond : "Ce n'est qu'une bosse, nous la passerons comme les autres". Oui mais ce fut long pour en venir à bout.

Bédoin, gros ravitaillement. Tous le groupe s'arrête, sauf moi. J'ai encore les bidons bien pleins et une bouteille dans le dos. Donc j'attaque ce Ventoux pour venir à bout de ma 17ème montée de l'année. La plus longue, la plus dure. Je voulais mettre moins d'1h30, je battrais mon record... de lenteur ! Mon père, qui lui s'est octroyé une pause, me rejoint et file doucement, plus en jambes que moi.

Jusqu'à Sainte Estève ça va à peu près. Je remarque beaucoup de bouteilles et de tubes sur la route. Y a encore du boulot de ce côté là.


Dès les premières grosses rampes, c'est tout à gauche. Si je ne veux pas être repris par les crampes il faut que je gère mon effort. En fait je n'ai pas trop le choix je n'arrive même pas à accélérer.

Au fil des kilomètres va vitesse faiblie. Le dérailleur est bien calé sur le 27, rien ne pourra l'en déloger. Les encouragements des nombreux spectateurs font du bien, mais cela ne donne pas vraiment de force. En plus beaucoup sont en train de siroter un petit apéritif anisé qui me ferait bien plaisir à ce moment là. Je suis à deux doigts d'en quémander un quand mon orgueil me ramène sur la pente. Je vais en chier, mais cette fois je finirai. Pas question de laisser tomber encore une fois !

A mi-pente les pompiers nous offrent un rafraîchissement salvateur en nous aspergeant. Il fait très chaud (33°C) je dois m'asperger très régulièrement pour faire descendre un peu ma température corporelle. J'ai la tête comme un autocuiseur, les pieds me brûlent, le soleil me cuit les bras et les cuisses. Je dois faire une pause à l'ombre pour récupérer un peu. L'effort n'est pas physique, ma FC reste basse, mais mental. Je dois me motiver pour arriver au sommet.

J'avais prévenu après la reconnaissance que nous avons faite en mai qu'il y aurait de grosses galères en cas de chaleur. Je n'ai pas eu tort mais je ne pensais pas en être. Je suis sur la partie droite de la chaussée pour laisser le champ libre à tous ces cyclos qui me dépassent les uns après les autres. Mais il y a aussi pas mal de monde à pied, cela doit-il me rassurer ?

Le Chalet Reynard, enfin. 1h45 pour arriver là... Je fais une pause de 5 minutes pour remplir les bidons et me vider une bouteille d'eau sur la tête et dans les chaussures. Je commence à avoir très faim. Mais rien que de l'eau au ravito alors j'ingurgite mes deux derniers gels. Maintenant je sais que le plus dur est fait. Je n'ai plus qu'à finir. Plus qu'à...

Les 6 derniers kilomètres sont moins durs mais je ne roule pas plus vite pour autant. Les camping-cars sont déjà alignés au bord de la route pour le passage des pros samedi prochain. En attendant ils nous encouragent et proposent leur aide à ceux qui sont le plus dans le dur.


Quant à moi je ne vois plus que ma roue avant, j'ai débranché le cerveau. Je connais tous ces virages par coeur, pas besoin de lever la tête. Petit à petit le sommet se rapproche, doucement la joie de venir à bout du Géant augmente. Dernière épingle, je tombe deux dents pour finir en beauté. Geste totalement inutile mais je suis vraiment content d'avoir fini cette course. Je suis comme tout ceux qui sont venus ici, heureux d'être arrivé au sommet... en 2h30.

Bascule immédiate vers le Mont Serein pour retrouver mon père arrivé une demie heure plus tôt. Il n'est pas vraiment satisfait de sa course, mais la saison a été longue nous n'avons plus le niveau du mois dernier. Il est temps de se ravitailler, je meurs de faim !


Malheureusement nous serons témoins du ballet incessant des ambulances qui vont chercher les victimes de la chaleur. Il y a eu beaucoup de défaillances, certaines très impressionnantes.
Nous allons récupérer notre musette (un peu plus garnie que l'année dernière mais cela ne vaut pas les autres cyclos, loin de là !) et retournons à la voiture pour manger. Connaissant la "générosité" d'ASO nous avons prévu de quoi nous rassasier.

Le bilan de la journée n'est pour moi pas mauvais malgré un résultat très très en deçà de mon meilleur niveau. Je suis arrivé à finir cette course, c'est la seule chose qui m'importe. Je n'ai pas abandonné. Et en même temps je me suis retrouvé galérien dans ce Ventoux que je connais comme ma poche. Il m'a fait souffrir, mais j'y reviendrai, encore et toujours, et ce dès la fin de la semaine !

La course en chiffres :
Distance : 175 km
Dénivelé : 3640 m
Durée réelle : 7 h 16
Vitesse moyenne : 24.1 km/h
Classement réel / caté :
1659 / 520

La télémétrie :


Par Laurent
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Mardi 30 juin 2009
Une semaine après la déconvenue de l'Ardéchoise j'ai bien l'intention de ma rattraper sur cette superbe épreuve de montagne. Compte tenu de mes sensations dans les bosses cette année je devrais être capable de faire un bon résultat.

Comme d'habitude nous partons la veille avec mon père pour prendre nos quartiers à Foix. La première chose que l'on voit en arrivant sur cette ville c'est son magnifique château. Dommage que de sombres nuages ternissent le tableau.


Nous allons tout de suite à Tarascon sur Ariège, lieu de départ de cette édition 2009. Le village est sympathique et des activités (cyclistes évidement) sont proposées aux plus jeunes. Nous retirons rapidement nos dossards et repartons pour Foix après avoir reconnu, en voiture, la première difficulté du lendemain.


Dans la soirée il commence à pleuvoir. Soyons optimistes, Météo France nous a promis une belle journée pour la course.

Samedi 5 heures, il fait encore nuit, la première indication est qu'il fait frais. A peine plus de 10°C mais au moins il ne pleut plus. Nous nous préparons et découvrons un ciel encore très chargé lorsque la lumière du jour fait son apparition. Il commence même à pleuvoir quand nous partons en direction de Tarascon. Pourquoi on n'a jamais droit au soleil ?!?

Nous déposons la voiture à Auzat où sera jugée l'arrivée alors que doucement les nuages se déchirent pour laisser appaître un peu de ciel bleu. Espoir ! Nous nous échauffons en rejoignant Tarascon où nous tournicotons un peu avant d'accéder aux sas. Je pars en prio (je suis d'ailleur le premier arrivé) alors que mon père n'a pas eu ce privilège. Cela n'a que peu d'importance sur ce type de tracé, les écarts sont souvent vite faits.

Rencontre avec Patrick François qui me propose de rejoindre la Patrouille Eco Cyclo. Changement de maillot, photo et attente du départ. Je commence à avoir froid.


Départ à 8h30 sous les ordres de Bernard Thévenet (mais il a oublié son vélo !). Je reste aux avants postes pour sortir de la zone urbaine en évitant ainsi les accélérations et les risques de chute. Ensuite c'est étrangement calme. Le faux-plat montant vers Vicdessos est parcouru plutôt lentement, entre 28 et 30km/h. Seul un courageux (ou un fou ?) se lancera seul à l'avant en éclaireur.

En arrivant sur Vicdessos le rythme s'accélère. Nous sommes au pied du Port de Lers, les costauds ne vont pas tarder à se montrer. Je reste en seconde position puis rétrograde un peu pour prendre les roues. A ce moment je vois passer Laurent Debaene, encore lui. La course est lancée ! Un petit groupe accélère très franchement, le peloton éclate sur cette petite route présentant des passages à plus de 10%. Je m'accroche pour le moment pour laisser filer le moins de monde possible.


A mi-pente je relâche un peu, revenant à une allure plus sage compte-tenu de la suite du menu. Le petit groupe prend quelques dizaines de mètres d'avance mais ne roule pas beaucoup plus vite. Après avoir repris un peu mon souffle je tente de rentrer mais alors qu'il ne me reste que 50m à boucher une nouvelle accélération secoue la tête et me fais perdre toute chance de les rejoindre. Pas grave, il n'y a pas grand monde et certains sont déjà en train d'exploser.


Je suis seul pour le moment. Un second groupe est un peu plus bas, je gère mon effort pour le laisser revenir doucement. Ce sera chose faite en arrivant au sommet, plongé dans le brouillard.

Je prend le temps de me couvrir pour la descente qui s'annonce fraîche dans les nuages. Elle se fait bien, la route est bosselée mais relativement propre. Je prend la tête, comme j'aime, pour m'assurer la meilleure trajectoire possible. Après quelques kilomètres une dizaine de veaux décident soudainement de traverser la route au moment où j'arrive sur eux. Gros coup de freins en hurlant pour avertir les suivants. Les veaux terminent tranquillement de traverser en me regardant.

Je reprend la tête pour finir la descente et remarque rapidement qu'un seul coureur arrive à suivre, mais difficilement. Ce n'est pas la première fois, je commence à me demander si les progrès faits en descente cet hiver ne sont pas plus importants que je ne le pensais.

Nous attendons le reste du groupe lorsque la pente se fait plus douce en nous ravitaillant. Des petits relais se mettent en place, ce qui est bon signe pour la suite.

Voilà Massat, premier ravitaillement que nous escamotons. En sortant du village, alors que l'allure est calme, un gars touche une roue, part en travers et chute lourdement. Le type devant moi fait un gros écart pour l'éviter et percute ma roue avant. Je me vois déjà au sol mais j'arrive à rester sur le vélo et fini sur le bas côté. Comment suis-je resté sur mes roues ? Franchement je n'en sais rien. Je remonte sur la chaussée et me relance en jetant un oeil derrière sur le gars qui est tombé. Il reste sans bouger au milieu de la route...

Demi-tour, je le rejoint et vois tout de suite qu'il est sérieusement touché. Il perd pas mal de sang, il a apparemment heurté le sol avec le menton. Je jette mon vélo puis le sien dans le fossé pendant qu'une voiture de l'organisation arrive et prévient les secours. Il est conscient mais durement touché au visage. Je resterai avec lui jusqu'à ce qu'il soit évacué, plus d'une demie-heure plus tard, tantôt discutant avec lui, tantôt canalisant les groupes de cyclistes qui se succèdent.

Je tiens d'ailleurs à dénoncer l'attitude de certains irresponsables qui n'ont pas ralenti, voir même qui ont pris des risques, non seulement pour eux mais aussi pour nous qui signalions l'accident, en sprintant pour prendre la tête de leur groupe avant le ralentissement. VOUS ETES DE PROFONDS IMBECILES !!!

Entre-temps des collègues de club du malheureux Yves se sont arrêtés et ont pris le relais à ses côtés, mais je n'ai plus la tête au vélo. Je vais rentrer directement sur Tarascon avec deux d'entre eux. C'est en repartant que je remarque que ma roue est voilée, je doit desserrer le frein au maximum pour pouvoir rentrer. Trois rayons sont fortement abîmés, je n'aurais de toute façon pas pu continuer la course comme ça.

Retour très calme à la voiture, je vais prendre une douche encore secoué par cet accident. Puis je rejoins la ligne d'arrivée au moment même où les premiers du 165km la franchissent. J'attends mon père qui en termine à la 209ème place en un peu plus de 6h30, temps qu'il s'était fixé.


Aux dernières nouvelles Yves souffre de plusieurs fractures à la face, mais ce n'est heureusement pas trop grave. Bon rétablissement et à bientôt sur les cyclos !

Quant à moi je perd dans cet épisode toute chance de grimper sur le podium du Trophée Label d'Or. Ma saison va donc prendre fin plus tôt que prévu, après l'Etape du Tour. Cela me laissera plus de temps pour profiter de l'été en famille et commencer à préparer la saison prochaine qui marquera un tournant important dans ma pratique cycliste.

Reste donc deux objectifs d'ici fin juillet : dans une quinzaine de jours les Ventoux Masterseries. Si au départ l'idée était de faire ce que je pouvais, j'ai maintenant en tête le record de montée sans assistance par Bédoin. Ce sera très dur, mais c'est dans mes cordes. Et enfin l'Etape du Tour. Je comptais la faire en "touriste"., ce n'est plus le cas. Ce sera la dernière de l'année, je vais donner mon maximum sur cette montagne que je franchirai pour la première fois en course.
Par Laurent
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Mardi 23 juin 2009
Comme tous les ans des milliers de cyclos, touristes et sportifs, se sont donnés rendez-vous à Saint Félicien pour la grande fête annuelle du vélo. Et comme chaque année nous sommes superbement bien accueillis par les 5500 bénévoles et par l'ensemble de la population ardéchoise des villages traversés.

Nous arrivons en Ardèche vendredi en début d'après-midi pour retirer nos dossards et profiter du village. Les premiers cyclistes se sont élancés dès le mercredi et certains d'entre eux accumuleront plus de 800km sur 4 jours.


Malgré le monde il n'y a pas d'attente pour retirer les dossards et le casque offert en cadeau (aux couleurs de l'Ardéchoise, bien entendu !). Nous avons encore le temps de flâner dans le village mis en place pour l'occasion.


Grâce à Sébastien nous intégrons à titre exceptionnel pour cette Ardéchoise la patrouille Eco Cyclo. Si la mentalité des cyclos changent doucement il reste encore pas mal de travail sur certaines épreuves. Soyons respectueux de la nature et de nos hôtes, il en va de la pérennité de ces rassemblements.

Nous retrouvons nos pénates en début de soirée et nous couchons tôt, prêts à en découdre le lendemain.


Samedi, 4h30. Le fort vent de nord n'a pas faibli et le thermomètre semble ignorer la présence de l'été. Nous qui préférons la chaleur, nous voilà encore vernis. Au moins le vent ça nous connaît.

Cette année nous allons faire les Sucs : 230km pour 4400m de dénivelé. Une belle ballade sur le plateau qui risque d'être fatiguante avec un vent pareil. Me serais-je remis de mes crampes du week-end dernier ?



Nous rejoignons la ligne de départ vers 7h15. La pression monte tout doucement à mesure que les minutes passent. 7h30, le départ est donné, relativement calme sur les premiers hectomètres. Rapidement les gros bras prennent les devant dans les premières rampes du col du Buisson, sur un rythme soutenu sans être assassin. Je me maintient dans les premières positions.
Roland Chavent fera une bonne partie de cette ascension en tête avant que je ne le relaye sur les trois derniers kilomètres. Pour changer je prend du vent mais c'est quand même un petit plaisir de passer la première difficulté en tête.



Peu après le passage du Buisson ce sont Sébastien Joly et Cédric Pineau qui prennent les choses en main. Ce n'est plus le même rythme, tout le monde est en file indienne. Ils dévalent la descente vers Lamastre à une telle vitesse que seuls une petite dizaine de coureurs arrivent à les accrocher. Je perd une centaine de mètres que j'arrive à combler dès le pied de la descente.

Plusieurs regroupements s'opèrent, en partie grâce à Sébastien Joly qui va chercher les distancés pour les ramener devant. C'est en gros peloton que nous rallions le pied du col de Mézilhac, après avoir perdu de nombreuses unités à la bifurcation du parcours des Boutières (120km).


Les deux pros gardent la tête dans la longue montée menant au col de Mézilhac, faisant doucement une efficace sélection par l'arrière. A mi-pente nous ne sommes plus qu'une petite vingtaine, dont tous les costauds : Laurent Marcon, Nicolas Ougier, Roland Chavent, Olivier Dulaurent, Raphaël Hilaire... Sébastien est aussi dans ce groupe, ce qui est très bon signe pour son AVM. L'avance sur le second groupe est importante, la victoire des 4 plus grands parcours va certainement se jouer entre ces gars-là.



Au col nous nous retrouvons à 8 à prendre la direction du Mont Gerbier de Jonc : 6 partent sur la Volcanique (170km), nous ne sommes donc que deux à partir pour les Sucs. Dans cette partie le vent est franchement gênant et froid. A Lachamp-Raphaël mon compteur n'indique que 7°C.

Trois coureurs prennent doucement le large, nous sommes à cinq à nous relayer derrière pour affronter le vent. Au Gerbier nous voilà plus que deux. Je suis en compagnie de Xavier Joly, second sur l'AVM l'année dernière. Je comprend tout de suite qu'il est beaucoup plus fort que moi, ses relais sont bien plus longs et efficaces que les miens.


Depuis le Gerbier nous avons une moto pour nous ouvrir la route, avantage de la tête de course. J'ai déjà les cuisses dures, le départ rapide jusqu'à Mézilhac a laissé des traces. Le vent est suffisamment fort pour nous empêcher de nous laisser couler dans la descente sur Les Estables. Pas de répit.


Dans la montée de la Croix de Boutière j'ai du mal. Xavier m'attend patiemment et en profite pour s'alimenter. Pour moi c'est plus dur, le sucré a déjà du mal à passer. Mais pour le moment c'est bon, ça roule encore bien. Nous enchaînons les petites bosses jusqu'au col de la Scie et la longue descente sur La Chapelle sous Chanéac. Là je me lâche. La reconnaissance a été très utile, je prend de la vitesse sur cette route pourtant étroite, jusqu'à dépasser la moto et les deux voitures de l'organisation qui nous ouvraient la route.



En bas de la descente les crampes commencent déjà à se faire sentir. Quelques étirements sur le vélo les feront passer avant qu'un second souci plus handicapant ne me prenne. A Chanéac j'ai l'estomac qui se retourne, je dois m'arrêter pour faire passer la nausée. Xavier veut encore m'attendre, je lui dis de continuer, qu'il est en tête. Un comportement et une mentalité très rare dans la course à la performance.

Après m'être "vidé" (je suis désolé du terme employé mais ce fut vraiment le cas) je repars dans le col de l'Ardéchoise, juste derrière Sébastien Malfait, multiple vainqueur du parcours. Mais quelques kilomètres plus loin, rebelote. Je dois encore une fois faire une pause, puis une troisième. Je n'ai plus de forces, la tête me tourne. Des randonneurs inscrits en 2 et 3 jours me doublent, surpris de me revoir aussi mal. Au col je m'arrête encore quelques minutes avant de rejoindre Borée, environ un kilomètre plus bas.


A Borée je peux enfin avoir du salé, même si cela a beaucoup de mal à passer. Je demande s'il est possible de me faire rapatrier sur Saint Félicien. Je suis mal... Je me sens complètement à plat. Mon père passe près de  trois quarts d'heure plus tard, surpris de me voir arrêté, avant de poursuivre. Peu après réponse de l'organisation : je dois attendre la voiture balai à 17 heures. Il est 13 heures !!!


Comme cette pause de près d'une heure m'a fait du bien je repars, mais coupe le circuit pour rejoindre au plus vite Arcens. Après avoir récupérer le circuit mon père me double. Je prend sa roue jusqu'au ravito suivant où il fait un arrêt pour remplir les bidons. J'en profite pour manger salé, fromage et saucisson.

Nous repartons rapidement et je vais prendre autant de relais que possible pour lui faciliter la tâche. Peu avant Sainte Agrève je le laisse filer, je ne suis pas en pleine forme. Commence alors ma seconde Ardéchoise du jour : l'Ardéchoise du cyclotouriste. Je vais rallier Saint Félicien en profitant de l'ambiance, des ravitos et des magnifiques paysages qui s'offrent à nous.



Les dernières bosses passent bien, je suis en mode décontraction et décrassage. Il n'y a que dans le Buisson que je monterai le rythme pour le grimper à plus de 20km/h de moyenne. Dernière descente avant de retrouver mon père arrivé un quart d'heure plus tôt.

Je suis évidemment déçu de cette grosse contre-performance. C'est la première fois que je suis malade sur le vélo et je ne comprend toujours pas pourquoi ce jour là. L'accumulation des courses, le froid, une alimentation trop sucrée sur le vélo... Je ne sais pas. Mais je suis tout de même content d'avoir passé une bonne journée sur le vélo avec plus de 250km au compteur en comptant l'échauffement.


Et la journée n'est pas terminée ! Après avoir retrouvé Sébastien, profité d'une douche salvatrice et d'un bon repas, nous retrouvons quelques forumeurs bien sympathiques devant le podium. Mon père attend les résultats mais sera finalement 5ème de sa caté. Nous attendons donc le podium de Séb, 2nd au scratch sur l'AVM et vainqueur de sa caté. Bravo Séb, belle course ! Finir juste derrière Olivier Buisson en faisant 250km en tête, c'est grand.


Le soir même nous avons rendez-vous dans la tanière du Valex pour nous réhydrater et partager nos expériences de ces derniers jours. Nous sommes tous satisfaits de cette Ardéchoise et c'est sûr nous y serons l'année prochaine !




Le profil :




La journée en chiffres :

Distance : 251.8 km
Dénivelé : 4650 m
Durée : 9 h 00
Vitesse moyenne : 28.0 km/h
FC moy / max : 144 / 185

Par Laurent
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Lundi 15 juin 2009
Enfin de la chaleur !!! C'est un peu comme une renaissance après un week-end bien arrosé en Bourgogne. C'est vrai quoi, il a déjà plu tout au long de la saison dernière, il en faut pour tout le monde.
C'est donc sous un grand soleil et par plus de 30°C que nous prenons la direction de Meyrueis en ce début d'après-midi, samedi. Nous arrivons vers 16 heures et prenons juste le temps de nous installer au camping avant de descendre retirer nos plaques dans le village.



Le départ se fera par handicap, les plus anciens partiront devant et les jeunots iront leur courir derrière. Les différentes catégories partiront avec 3 minutes d'écart. Dans ces conditions le classement scratch n'aura que peu d'intérêt pour moi, mais il sera plus facile de "maîtriser" la course par rapport aux concurrents de ma catégorie pour engranger un maximum de points pour le TLO.

Nous revenons au camping nous préparer pour notre traditionnelle sortie de déblocage. Au programme : le col de Perjuret, qui sera franchi dans les deux sens le lendemain. Nous grimpons calmement, en évitant autant que possible les nombreuses plaques de goudron fondu. Par moments nous sommes véritablement collés à la route. Il faudra être très prudents dans la descente finale.


Arrivés au col nous apercevons un panneau : Mont Aigoual, 14km. Un regard échangé, et nous voilà partis pour l'ascension du point culminant de la Cycl'Aigoual. Il fait un temps magnifique et en prenant de l'altitude la température devient plus clémente. Au sommet mon compteur affiche 25°C. Le panorama est superbe, j'enrage d'avoir oublié l'appareil photo !

Par contre j'ai vidé 1L d'eau dans la grimpée, il me faut faire le plein avant de redescendre. Et quelle belle descente ! Je passe allègrement les 80km/h, surprenant (encore une fois) un automobiliste en le doublant. Le Perjuret est descendu plus calmement, sur une chaussée bosselée, fondue et par endroits couverte de gravillons. La totale.


Dans la soirée, après une petite visite de Meyrueis, nous descendons (en voiture) les gorges de la Jonte. Nous tombons sur le fléchage du grand parcours que nous décidons de suivre. Ce fût très instructif et très utile pour le lendemain.

Dimanche, 7 heures. Le réveil sonne, nous sommes frigorifiés. Il ne fait que 10°C, la Lozère est bien plus fraîche que la Provence au petit matin. Petit déj' en grelottant, puis vient le rituel de la préparation de course. Habillage, préparation des bidons, on se remplit les poches de barres et gels divers. Je choisis d'enfiler un maillot sans manches en prévision des températures bien plus chaudes prévues dans la journée. C'est un peu juste pendant l'échauffement mais le mercure commence déjà à grimper.

Sur la ligne de départ c'est un peu le bordel. Tout le monde veut être en première ligne alors que le départ par handicap limite déjà la taille des groupes. Je retrouve quelques têtes connues : Michel Roux et Bruno Mestre, les deux sociétaires du team Scott Vélo101, ainsi que Laurent Debaene accompagné d'un joli groupe Sud Vélo - N'en jetez plus.

Les premiers groupes s'élancent pendant que nous patientons gentiment. Trois minutes c'est rapide quand le départ approche. C'est déjà notre tour, je pars avec les plus jeunes, donc à priori les plus rapides. Cela ne manque pas. Dès la ligne franchie Bruno Mestre place une violente accélération dans les rues de Meyrueis. Après à peine 1km il est déjà échappé avec deux autres gars qui s'accrochent comme ils peuvent dans sa roue.


Nous grimpons d'entrée de jeu le Perjuret, tout d'abord sous l'impulsion d'un anglais aux jarrets impressionnants, vite relayé par quelques grimpeurs efficaces. Je reste aux avants-postes dans ce col, mais suis déjà dans la zone rouge. Nous n'avons rapidement plus les trois fuyards en vue, mais nous reprenons les nombreux lâchés des groupes précédents.

Nous basculons dans la descente vers Florac à toute vapeur. Nous nous relayons à deux, personne d'autre ne passe pour ouvrir la route au groupe. A mi-pente je me retourne pour constater qu'en fait nous avons pris environ 200m aux autres. Ils reviendront une fois la pente transformée en faux-plat, mais les bonnes volontés sont encore une fois rares. C'est tous les week-end pareil.

La route est agréable, le faux-plat descendant à peine cassé par une petite remontée au niveau de Vebron.



Peu après Florac le parcours nous engage dans les gorges du Tarn. Avec un coureur Marseillais nous tentons de prendre le large, mais le groupe nous prend rapidement en chasse. C'est à ce moment que nous rejoignons mon père parti 6 minutes plus tôt. Il restera dans notre roue un instant avant de reprendre un rythme plus calme.
Impossible de sortir définitivement, le groupe revient, mais je reste dans les premières positions. A la faveur d'un virage je relance un peu plus fort et me retrouve encore une fois avec quelques longueurs d'avance. En poursuivant mon effort, seul, je prend doucement le large, jusqu'à disparaître du champ de vision du petit peloton.

Je gère mon effort en maintenant ma FC un peu en dessous du seuil anaérobie. Je rentre dans Sainte Enimie en trombe au milieu des touristes et des signaleurs. L'un d'eux stoppe une voiture avant que je ne revienne dessus. Mais le touriste ayant aperçu une place de stationnement libre sur la gauche de la chaussée entreprend de s'y engager juste au moment où je le double ! J'évite le choc de justesse, ne touchant que légèrement son pare-choc avec la jambe droite. Je reprend mon équilibre, mais trop tard pour aborder le virage suivant. Je file tout droit en tombant le petit plateau et fais demi-tour pour me relancer sur le pont traversant le Tarn. C'est le pied du col de Copperlac.

Dans l'histoire j'ai perdu une bonne trentaine de secondes. Aborder le col de cette manière n'est pas la meilleure. Surtout que derrière les plus costauds ont décidé de faire le ménage. Le col fait 7.5km , une petite dizaine de coureurs me reprend à 5km du sommet. Je saute dans les roues mais ça roule fort. Je tiendrai pendant 3km avant de laisser filer pour ne pas exploser prématurément. Les trente secondes perdues au pied coûtent cher...

Je passe au sommet avec le premier groupe quelques centaines de mètres devant et le second un peu derrière. J'en profite pour attraper un bidon d'eau à la volée (très bonne idée, merci à l'organisation !) et me ravitailler. Nous nous retrouvons une petite dizaine et devinez quoi ? Personne ne veut rouler, impossible de faire tourner les relais. La traversée du Causse Méjean se fera par accélérations en tentant de faire décrocher les flemmards. C'est chose faite juste avant d'attaquer la descente vers les gorges de la Jonte, rapide et technique.

Nous retrouvons la route repérée le veille en voiture. Après quelques dizaines de mètres sur la D996 les signaleurs nous font ralentir au maximum pour prendre une belle épingle qui plonge vers la rivière. La route devient très étroite, passe un joli petit pont en pierres avant de remonter. C'est la surprise du parcours : la côte du Maynial, du nom du hameau traversé à ce moment. Une belle vacherie en fait. 6.6km d'ascension à 6% de pente moyenne avec plusieurs passages à plus de 9%. Pas insurmontable me direz-vous. Oui mais la route, présentée par les organisateurs comme "une route de chèvres", n'est pas une alliée. Revêtement très dégradé, trous, gravillons voir cailloux, et même de l'herbe au beau milieu !



Au moins les quelques épingles permettent de prendre rapidement de l'altitude et de profiter du paysage des gorges. Nous grimpons sur le Causse Noir où se sont déroulés la veille les championnats de France Masters. D'ailleurs je me retrouve en compagnie du tout nouveau champion de la catégorie 30-34 ans et de trois autres costauds. Je suis à la peine, ma FC oscillant entre 175 et 180 puls. Mes compagnons ralentissent l'allure pour que je puisse rester dans leur sillage. Merci les gars !



Nous reprenons quelques coureurs isolés qui viennent étoffer notre petit groupe. A Veyreau nous sommes 11 au moment d'arriver sur le ravitaillement. Mais ici pas de bidons proposés et pas question de s'arrêter faire le plein. Aïe, j'aurais bien profité d'un peu d'eau pure pour changer de mes bidons sucrés. D'ailleurs ils seront bientôt vides les bidons...

Bifurcation des parcours, nous poursuivons vers Lanuéjols. Seuls les trois costauds mènent le train, même si je viens prendre un relais de temps à autre, tenant à assurer au minimum ma part de travail. Il fait chaud, lourd, et je manque d'eau. Cela devient une obsession. De l'eau, de l'eau, DE L'EAU !!! Seul le vol de quelques énormes vautours nous distrait.

A la sortie de Lanuéjols, à la faveur d'une petite remontée les premières crampes apparaissent. Je paye mes efforts et un début de déshydratation. Le petit groupe me prend quelques longueurs, puis 100, 200 mètres... Personne derrière... Je suis mal, là... Une petite table dans un virage : de l'eau ! Mes trois costauds mettent pied à terre pour faire le plein, je fais de même. Deux petites minutes de pause qui permettent de faire passer les crampes et de repartir avec deux bidons pleins. Il était temps. Mais pendant un instant j'ai pensé rejoindre directement Meyrueis en découvrant  un panneau indiquant le village à 10 petits kilomètres.

Dans le faux-plat montant vers l'abîme de Bramabiau nous sommes repris par un groupe de quatre unités, que nous accrochons. J'ai à peine le temps de jeter un coup d'oeil à la fameuse abîme que nous voilà engagés dans l'ascension des cols de la Sereyrède et de Prat Peyrot, en hors d'oeuvre à l'Aigoual.


Je suis fatigué et ai du mal à tenir les roues malgré l'allure assez douce. Je sens les crampes repointer le bout de leur nez, alors encore une fois je laisse filer. Heureusement pour moi je ne suis pas le seul, j'en vois un autre craquer peu après. Un petit effort pour le rejoindre. Il s'agit de Gérard Veyrac. Si j'ai retenu son numéro de dossard c'est parce qu'à 59 ans il est dans une forme surprenante. Nous roulons sur le même rythme et il tient à prendre ses relais malgré les 29 ans qui nous séparent. Presque le double ! Respect Monsieur Veyrac.
Il se prépare pour l'Etape du Tour, c'est pour ça qu'il est venu en chier sur ces 159 km. Mais à ce moment il le regrette, en ruminant. Pourtant il a un bon coup de pédale. Il partira devant moi de Montélimar, peut-être le reverrais-je le 20 juillet prochain.

En attendant nous passons le col de Prat Peyrot en attrapant un bidon que je glisserai dans une poche. Souvenir d'une journée en manque d'eau. Nous atteignons enfin le sommet de l'Aigoual, plus que 25 bornes de descente pour rejoindre Meyrueis. Une petite pointe à 80km/h, ça fait du bien après 40 minutes à plus ou moins 20km/h. Nous revenons doucement sur un autre laché de notre groupe, membre de la patrouille Eco Cyclo. Nous le reprennons juste avant le col du Perjuret mais il ne parviendra pas à se mettre dans les roues.



Derniers kilomètres, rapides, tout en faisant attention aux plaques de goudron fondu. Il fait moins chaud que la veille, ça passe bien mieux. Un gars de Montagnac nous dépose sur la fin de la descente, beaucoup trop frais pour nous. Je laisse filer mon accolyte peu avant la ligne, ma place dans ma catégorie me suffit amplement.
D'ailleurs, il y en a combien devant ? Patience, tu le sauras tout à l'heure. Vas plutôt prendre une douche, ça te fera du bien. OK, mais d'abord je descend trois canettes de Perrier, trop heureux de pouvoir boire frais. J'ai aussitôt mal au ventre mais qu'importe, j'avais trop soif.

En remontant vers le camping (situé sur la route du Perjuret) je croise le Marseillais avec qui j'avais voulu me faire la belle le matin même. Petit salut, grand sourire. On en a vraiment chié, mais quel plaisir ! C'est ça le cyclosport.

Au final je suis classé 39ème au scratch (pas brillant ça), mais surtout 4ème de la caté 30-34 ans. Rhhhââââ !!! Encore au pied du podium ! Pour le TLO je serai classé 6ème des 30-39 ans car seulement deux concurrents de la caté 35-39 ans sont arrivés devant moi. Ce n'est finalement pas si mal, j'ai bien fait de ne pas abandonner.
Mon père fini 68ème au scratch, 15ème des 50-59 ans. Et 86 points de plus pour lui.

Le parcours annoncait 159km, j'en ai 165 au compteur. Mais plus que tout, c'est le manque d'eau qui a était pesant. Un ravitaillement rapide supplémentaire aurait été le bienvenu. Sinon, rien à dire, c'était très bien organisé et les deux ravitos avec des bidons très efficaces. Je rajoute un compliment aux bénévoles en charge du repas qui ne rechignent pas à grossir les portions sur demande. Merci !

La semaine va être dure avec ces crampes. Samedi prochain c'est l'Ardéchoise et les 230 bornes des Sucs. Je nourris de grosses ambitions sur cette course, alors repos, repos, et repos en attendant  la grande fête du vélo en Ardèche.

La télémétrie :


La course en chiffres :
Distance : 164.7 km
Dénivelé : 2420 m
Durée : 5 h 06
Vitesse moyenne : 32.3 km/h
FC moy / max : 159 / 187
Classement scratch / caté : 38 / 6

Par Laurent
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Mardi 9 juin 2009

Voilà le mois de juin et avec lui l'enchaînement des cyclosportives. Après les Boucles du Verdon le week-end dernier, il est l'heure de confirmer mon bon résultat en Bourgogne sur la Chiappucci. Si la distance et le dénivelé sont proches, le profil n'en est pour autant pas moins totalement différent. Aux ascensions « longues » succèdent les bosses courtes à forte pente entrecoupées de parties roulantes.

Nous partons vendredi en fin de matinée et pour la première fois ma femme et mon petit bout, qui comptent bien profiter de la piscine du camping, nous accompagnent. Malheureusement les prévisions météorologiques se sont avérées exactes et c'est la pluie qui nous attend pour le lendemain. Il fait toutefois suffisamment beau vendredi après-midi pour une petite baignade pendant que mon père et moi-même nous préparons pour notre petite sortie de déblocage.

 


Nous allons repérer les derniers kilomètres du parcours et une des belles bosses, en l'occurrence celle de Châteauneuf : 1700m à 9% de moyenne. Les routes sont agréables, entre champs et sous bois. Le final est très rapide, en faux plat descendant. Il faudra être prudent en cas d'arrivée au sprint.

 



De retour nous allons retirer nos dossards (n°8 et 9) et préparer les vélos pour le lendemain. Un bon plat de pâtes et au lit !

 


Je suis réveillé dans la nuit par les fortes averses qui tambourinent sur le toit du mobil-home. Pourvu que cela ne dure pas...

Réveil à 6 heures pour constater qu'il pleut toujours. L'envie n'y est pas vraiment mais nous n'avons plus le choix. Après avoir fait l'impasse sur les 1000 Bosses nous devons maintenant courir toutes les épreuves prévues si nous voulons bien figurer au TLO. Par contre nous ne ferons pas la même erreur qu'à Tassin et nous contenterons d'un échauffement sommaire au sec dans le mobil-home.



8h15, direction les sas de départ. Ils sont déjà bien garnis, nous trouvons tout juste une place au fond du box prioritaire. Il pleut un peu mais cela n'a heureusement rien à voir avec les trombes d'eau qui sont tombées dans la nuit. Espérons que le départ soit calme...

8h30, top départ, neutralisé pour traverser les rues étroites et glissantes d'Arnay le Duc. Un petit arrêt en sortant du village et nous sommes lâchés, Claudio Chiappucci en tête. Je suis rapidement rassuré, tout le monde est calme et absolument personne ne force le passage ou ne prend de risques inconsidérés. La pluie a ramené pas mal de gravillons et de boue sur la chaussée, la prudence est de mise.

Voilà déjà la première bosse. J'en profite pour remonter et suis surpris de me retrouver en tête du peloton en seulement quelques centaines de mètres. C'est vraiment calme. Mais cela ne dure pas, les premières attaques fusent, la course de mouvement commence. Et là, c'est comme sur la Look : des relances très vives après chaque virage marqué qui nous font grimper régulièrement à près de 60km/h. Je me maintient dans les roues avec quelques difficultés, bien au-dessus de mon seuil anaérobie.

Et ça continue comme ça jusqu'à ce que deux coureurs prennent le large : je suis en tête de peloton mais ne fais pas l'effort pour ne pas me cramer définitivement si tôt dans la journée. Derrière personne ne prend le relais, c'est donc Claudio en personne qui vient aux avants-postes pour assurer le tempo. Plus d'attaques mais les relances sont toujours aussi franches.

Il ne pleut apparemment plus mais il y a tellement d'eau sur la route que nous en prenons vraiment plein la tronche. Au milieu de la meute je ne vois pas grand chose, je choisis donc de prendre un peu plus d'air afin de pouvoir rouler dans des conditions plus faciles.

Après une grosse cinquantaine de kilomètres de course nous abordons un bon raidillon à Sussey. Mon compteur (équipé d'une belle pile toute neuve) indique entre 11 et 13%. Tout explose. Alors qu'une vingtaine de coureurs prennent doucement le large je choisis de monter un ton en dessous. Depuis le départ je suis dans le rouge et je ne me sens pas vraiment de bonnes jambes. Tant pis, il faut s'assurer de prendre des points plutôt que d'être à l'agonie en fin de course.

Je me retrouve dans un groupe d'une cinquantaine de concurrents, mais il y a peu de volontaires pour rouler. C'est dommage la tête de course n'est qu'une petite minute devant nous, nous aurions pu revenir assez facilement.

 


On se dirige gentiment vers la côte de Châteauneuf que nous avons repéré hier. Je me place en tête de groupe peu avant le pied de la bosse pour être sûr de ne pas me faire coincer sur la route étroite. Je la grimpe sur un bon rythme mais pas à fond, loin de là. A mi-pente, à la bifurcation des parcours, je me retourne pour demander un relais : personne ! J'ai environ 100m d'avance sur deux gars, 200 sur le reste du groupe. J'attends les deux plus costauds avant de finir la grimpette. Dans la descente je demande à l'un d'eux si il lui reste des forces pour tenter une excursion en duo. Il me dit ne pas connaître le parcours (moi non plus) et ne semble pas bien chaud. On attendra la dernière côte pour tenter quelque chose.

 

 

 


En attendant cela se poursuit tranquillement, nous ne sommes que 4 ou 5 à prendre des relais et à traîner le reste du groupe. Ce comportement de fainéant commence à me taper sur le système. Un des types fait même mine d'être complètement dans le rouge quand je me retourne vers lui.

Les deux dernières bosses sont plus longues. Dans la première nous nous retrouvons encore les trois mêmes aux avants postes pour imprimer un tempo régulier. Après 3km environ la pente se durcie un peu, j'accélère régulièrement pour faire sauter les plus fragiles. Ils semblent tous à la limite, plus un ne parle, ça souffle, ça sue. Non loin du sommet j'aperçois un groupe de quatre quelques 500m devant. Je fais l'effort pour les rejoindre, sans trop de difficulté d'ailleurs. Mais mes compagnons de route en ont décidé autrement et se relayent pour nous reprendre. Comme quoi... Un mec vient me voir pour me dire : "Tranquille, ça rentre derrière". Je lui répond que je suis là pour prendre des points, pas pour visiter le vignoble bourguignon. Si des types sont lâchés c'est qu'ils n'ont pas leur place dans le groupe. Je me fais fusiller du regard par deux trois suceurs de roue.

Dans la descente, puisqu'ils sont capables de rouler quand ils le veulent, nous nous remettons à 3 en tête et pied au plancher. On prend quelques longueurs, ce qui oblige les plus avares d'efforts à donner un peu de leur personne pour recoller. Une fois en bas il est évident que personne ne veut prendre un relais. 30km/h, puis 25, puis 20... Je me met subitement sur la gauche et donne un bon coup de frein pour me retrouver à l'arrière.



J'y resterai jusqu'à la dernière côte. Il nous faudra un moment pour y arriver à celle-là. Bizarrement dès que le chiffre 30 apparaît sur le compteur ça ralenti. Une barrière psychologique insurmontable sans doute.

A Bouilland les premiers hectomètres de la bosse sont raides. Je me dresse immédiatement sur les pédales cette fois-ci pour un démarrage franc. Plus question de monter progressivement le rythme, il faut que je prenne un maximum de temps sur les 4km de l'ascension. Le gars à qui j'ai proposé de prendre le large tente de s'accrocher à ma roue mais n'y parvient pas. Tant pis. Je suis reparti pour un contre la montre individuel de 30 bornes, comme la semaine dernière. Très rapidement le groupe ne m'a plus en ligne de mire, il faut dire que j'ai retrouvé de très bonnes sensations malgré la fatigue qui commence à s'installer. Je monte à près de 20km/h alors que la pente affiche 8 à 9%.

Je bascule dans la descente que je dévale à fond derrière une moto ouvreuse rien que pour moi. Cool ! Au bas il me reste une succession de faux-plats à avaler. Je maintient ma FC toujours supérieure à 170 puls, mon seuil anaérobie. Encore 15km. Je longe le canal de Bourgogne avant de remonter sur Sainte Sabine.



Seulement 3% mais ça commence à faire très mal. Plus que 10. J'entends un coup de sirène. En me retournant je vois le groupe une petite minute derrière moi. Et zut, ils se sont mis à rouler. Je grimpe encore seul la dernière petite remontée avant de me faire reprendre à 5km du but. Il ne manquait pas grand chose.

Je saute immédiatement dans les roues et me replace bien à l'abri pour me refaire un peu en attendant le sprint. Au kilomètre je suis complètement enfermé, ça commence à frotter. Ils m'ont pourri la journée, pas question de me laisser faire. Je remonte, aux 500m ça commence à partir, déjà à plus de 50km/h. 200m, tout le monde à fond, surtout ceux qui n'ont pas mis le nez à l'avant de toute la matinée. Je passe en force, c'est pas dans mes habitudes mais ça fait du bien. Je franchi la ligne à la seconde place du groupe.

Dès le pied posé à terre les remontrances fusent : on me reproche d'avoir pris des risques (et beaucoup de vent, mais ça ils ont du l'oublier), les plus travailleurs râlent après les suceurs de roues qui ont disputé le sprint. Je récupère mon diplôme (imprimé dès l'arrivée !) et retourne immédiatement au mobil-home. J'ai à peine le temps d'y arriver qu'un véritable déluge s'abat sur Arnay le Duc. Mon père finira sous des trombes d'eau à la 101e place. Une bonne douche s'impose !



Au final je suis classé 27e au scratch, 14e de la catégorie. J'ai eu de très bonnes jambes sur la seconde moitié du parcours, j'aurais sans doute pu tenir avec les tout meilleurs. Ceux-ci ont fini à peine une petite quinzaine de minutes devant alors que nous n'avons pas roulé sur plusieurs dizaines de kilomètres. Dommage.

Cela confirme, après ma 8e place sur les Boucles du Verdon, que cette saison j'ai le niveau pour m'accrocher à la tête de course. J'ai été prudent, peut-être à tort, mais en consultant les données du cardio je constate avoir passé près d'1h20 au dessus de mon seuil anaérobie, sans avoir de crampes. L'année dernière elles arrivaient après seulement 45 minutes dans la zone rouge.

Une petite promenade en famille autour de l'étang du Fouché dans l'après-midi fera office de premier décrassage, sous un soleil retrouvé.

 


 

Le profil :

 


La course en chiffres :

Distance : 161 km

Dénivelé : 2050 m

Durée : 4 h 52

Vitesse moyenne : 33,0 km/h

FC moy / max : 157 / 187

Par Laurent
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