Au fil du temps

Mardi 27 octobre 2009
Après les 175km de samedi je remonte sur le vélo pour une autre sortie "longue". Je suis au chômage pour quinze jours, autant en profiter. Mais je ne sais pas où rouler et je n'ai pas envie de prendre la carte pour décider un itinéraire. Alors ce sera au gré des envies et de ma forme. Une chose est sûre c'est que je dois partir vers le nord pour ne pas avoir de vent défavorable au retour. En effet le mistral souffle encore une fois, et bien qu'il ne soit pas violent son effet pourrait être difficile à digérer après une après-midi de vélo.
Je m'élance à midi avec dans l'idée de rouler jusqu'à ce que le soleil décline. Prudent, j'installe les éclairage et prend mon gilet fluo avant de partir. J'attaque donc plein nord en passant par Bédarrides puis Sarrians. Je vais rejoindre Beaumes de Venise pour grimper un peu dans les Dentelles de Montmirail. Je sens tout de suite que je ne suis pas dans un grand jour, j'ai encore les jambes lourdes de la sortie de samedi.



Il y a moins de vent dans le massif et heureusement. J'avance plutôt lentement, je me sens vraiment lourd. J'ai sans doute le repas sur l'estomac mais ma forme actuelle n'y ai pas pour rien non plus. Je manque sérieusement de condition et la moindre bosse me le fait ressentir.
Au col de Suzette je ne prend pas la peine de m'arrêter et file vers le col de la Chaîne. Il fait beau et chaud (21°C), je ne regrette pas les manches courtes. Et comme nous sommes en semaine je ne croise que peu de monde, la route est pour moi.


Bon, où aller maintenant ? Je descend sur Malaucène puis prend la direction d'Entrechaux par le col de Vaillant. De petites routes étroites et vallonnées, idéales pour le vélo. Le vent faiblit de plus en plus je devrais bientôt en être débarrassé. Il me semble que les jambes répondent mieux mais ma vitesse n'est pas plus élevée pour autant. Je reste en mode "endurance", le but n'est pas de faire des fractionnés.


Passé Entrechaux je décide de tirer un peu plus au nord, toujours par de petites routes bien agréables. Je pousse jusqu'à Faucon puis Mérindol les Oliviers avec une vue dégagée du Ventoux sous un angle que je ne lui connaissais pas. L'automne donne une ambiance très particulière, entre les vignes qui hésitent entre l'or et le rouge et les oliviers qui croulent sous leurs fruits.


A Mérindol je n'en suis qu'à 55km de parcourus et déjà 1000m de dénivelé. C'est pour ça que ma moyenne est plutôt faible (un peu plus de 25 km/h) ! Le retour sera plus favorable avec vent arrière. Pour cela je me dirige vers Puyméras puis Saint Romain en Viennois. Je sors de l'abri des collines et retrouve le mistral, comme prévu. Je descend vers Vaison la Romaine à bonne vitesse en imaginant la suite de mon après-midi.
Et si je retournai dans les Dentelles ? C'est ce que je fais en grimpant vers le col situé entre Vaison et Séguret. Il est court et sa pente est aussi irrégulière que son revêtement. Par contre le soleil joue avec les arbres et les rochers pour offrir de somptueuses couleurs.


Vers le sommet un passage un peu plus raide (jusqu'à 12%) m'oblige à employer le 27 que je n'avais pas encore utilisé aujourd'hui. Ce ne sera pas la dernière fois ! La descente sur Séguret est tout aussi étroite et bosselée que la montée. Dans une courbe ressérée à gauche je passe à quelques centimètres d'une voiture. Nous avons eu aussi peur l'un que l'autre, tout deux surpris de trouver quelqu'un en face sur cette route bien souvent déserte.

Je retourne dans la plaine après avoir traversé Séguret pour retourner à Beaumes de Venise. Ce sera fait très rapidement dans un bon faux-plat descendant avec vent favorable. Pas question de remonter à Suzette tout de suite, alors je roule vers Saint Hippolyte le Graveyron pour rejoindre Le Barroux au milieu des oliviers dont certains sont plusieurs fois centenaires.
La montée dans le village du Barroux est toujours faite au même rythme tranquille, jamais dans le rouge. De là je continue à grimper vers le col de Champ Paga. Le soleil commence à décliner, difficile de voir la route quand je l'ai en pleine face.




Il fait de plus en plus frais dans les passages ombragés. A partir de maintenant la température va doucement chuter. Et oui, malgré un temps magnifique pour une fin octobre nous ne sommes plus en été. Je descend sur la Roque Alric puis me décide pour une dernière ascension avant de retourner dans le vallée du Rhône. Ce sera le col de Suzette pour la seconde fois, mais ce coup-ci par la petite route en escalier que j'avais emprunté il y a peu de temps. Toujours aussi dure ! 1.75km c'est court, très court, mais 11.5% de moyenne avec deux passages à 17% ça calme. Surtout quand les cuisses commencent à durcir...




Me revoilà à Suzette. Je fais une petite pause pour remplir un bidon avant d'enfiler les manchettes et le coupe-vent pour rentrer. Je vais avoir le soleil de face jusqu'à Sorgues mais avec un vent légèrement favorable je me retrouve assez rapidement au bercail.


La télémétrie :


La sortie en chiffres :

Distance : 140.3 km
Dénivelé : 1930 m
Durée : 5 h 11
Vitesse moyenne : 27.1 km/h
FC moy / max : 136 / 171
Par Laurent
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Dimanche 25 octobre 2009
Ma dernière sortie de plus de 150km date de l'Etape du Tour. Autant dire que je ne suis plus aussi endurant qu'en début de saison. Mais voilà que des envies de longues journées de vélo commencent à revenir. Première étape ce samedi avec mon père pour quelques heures à enchaîner des cols en Drôme Provençale.
Nous partons de Malaucène avec les premières lueurs du jour. Il fait encore sombre, frais mais la journée devrait être très agréable. Les premières pentes se présentent dès la sortie du village pour attaquer les cols des Astauds et des Gainons en prenant la direction du hameau de Veaux. Si la température est agréable en montée il fait parfois froid dans les courtes descentes entre les différents vallons.


Les premiers rayons de soleil illuminent le relief et offrent un jeu de lumière dont je n'avais pas profité depuis un long moment. J'avais presque oublié le plaisir de rouler au petit matin, dans le calme.
Alors que la luminosité s'intensifie nous remontons vers le col de Veaux avant de traverser Mollans sur Ouvèze. Ce petit village est superbe, notamment sa fontaine et son petit pont pavé. Mais il fait encore trop sombre pour pouvoir faire de belles photos. Le quatrième col de la journée sera le col Saint Michel sur la route menant à Buis les Baronnies. Pour le moment ce sont de petits cols, peu pentus et courts, mais cela va rapidement se corser.
Quelques kilomètres avant Buis nous prenons la direction des cols de Fontaube et des Aires que nous avons franchis pour la dernière fois au cour de l'EDT. Il y a un peu moins de monde sur le bord de la route aujourd'hui ! Nous profitons des premiers contacts directs du soleil qui nous réchauffent instantanément.


La montée est agréable, sur une route refaite pour le passage des pros cet été. Au sommet nous rejoignons le col des Aires où nous nous octroyons une courte pause pour profiter du panorama sur Brantes.


Voilà déjà 6 cols de franchis, le prochain sera le col de Macuègne. Pour cela nous descendons vers la vallée du Toulourenc avant de prendre la direction de Montbrun les Bains. Quelques encablures après le village nous nous arrêtons pour nous dévêtir un peu. C'est qu'il commence à faire bon bien qu'a certains endroits l'herbe des bas côtés est encore blanchie par la petite gelée matinale.


En effet nous avons rapidement chaud. Le petit vent du nord nous pousse gentiment vers le sommet. Nous rattrapons un VTTiste anglais qui nous accompagnera jusqu'au sommet. Mais qu'il fait chaud ! Je ne vais pas tardé à enlever sur-chaussures et jambières, accessoires indispensables au départ ce matin. Je prend cependant le temps d'enfiler le coupe-vent avant de descendre sur Séderon. Je suis trempé de sueur et ne tient pas à prendre froid dans cette descente rapide.
Pour rejoindre le pied de la prochaine difficulté nous suivons la vallée de la Méouge sur quelques kilomètres de bouts droits avant de bifurquer vers Eygalayes par une petite route très agréable.



Mais avant de nous attaquer au col de Saint Jean nous prenons quelques minutes pour nous ravitailler et adapter notre tenue à la température de plus en plus élevée. Rouler sur ces petites routes désertes est un régal, surtout par cette saison où les couleurs se mêlent du vert au rouge.
Mon compteur étant tombé en panne de pile au départ je roule sans aucune indication, aux sensations. Et pour le moment les sensations sont bonnes malgré le peu de kilomètres engrangés depuis quinze jours. Le fort mistral puis la pluie avaient eu raison de ma faible motivation, mais je me rattrape aujourd'hui.
Le col de Saint Jean, long de 5.5km, présente une pente régulière intéressante. Nous sommes surpris de devoir employer le 25, voir même le 27 en certains endroits, pour garder de la souplesse. Mais nous sommes récompensés par de superbes vues sur la vallée.





La route a été gravillonnée il y a peu de temps. Nous choisissons nos trajectoires pour éviter d'endommager nos pneus, en espérant que la descente ne soit pas dans le même état.
Au sommet nouvelle pause pour enfiler le coupe-vent et échanger quelques mots avec un cycliste à la recherche de la direction à prendre pour rejoindre Orpierre. De toute façon il n'y a qu'une route, il ne risque pas de se tromper. Il attaque la descente avant nous, alors que nous profitons encore un peu de la vue sur les sommets enneigés des Alpes.



Allez, c'est parti pour une nouvelle descente en direction de Laborel. Malheureusement il y a autant voir même plus de gravillons de ce côté-ci. Nous rattrapons très rapidement notre congénère parti une minute plus tôt, totalement arrêté, comme paralysé par le revêtement précaire. Mon père n'aime pas ces conditions mais quand même pas à ce point. Pour ma part je file rapidement, en prenant mes précautions dans les courbes mais profitant de la pente pour prendre de la vitesse dans les bouts droits.


Laborel est un carrefour aux pied de plusieurs cols magnifiques : Saint Jean que nous venons d'escalader, le Perty qui culmine à 1302m et Pierre Vesce que nous allons maintenant grimper. Avant cela j'ôte un dernière fois le coupe vent, je ne le remettrais plus de la journée.
J'avais un compte à régler avec le col de Pierre Vesce. Un mauvais souvenir à effacer. Il est court, seulement 2.5km, mais avec une pente sévère et traître. On n'a pas l'impression de monter, du moins pas autant, alors gare aux excès d'optimisme. C'est ce qu'il m'est arrivé il y a quelques années quand je suis venu ici pour la première fois avec mes frères. Nous venions du Perty et je me suis vu un peu trop beau dans ce petit col. C'est quoi deux kilomètres et demi ? Pfff, rien du tout, juste un coup de cul. Sauf qu'au sommet du coup de cul j'ai fait un malaise. Ce sont mes frères qui m'ont réveillé alors que je m'étais écroulé sous le panneau du col. Depuis je roule toujours avec un cardio, sauf quand les piles lâchent.
Encore une fois cette courte ascension fut difficile, le 34x27 indispensable pour ne pas me mettre dans le rouge. Je n'ai aucune idée de la pente, mais j'aurais bien voulu avoir mon compteur pour me donner cette info. Enfin nous arrivons au sommet sans encombres après avoir été encouragés par des spectatrices un peu particulières.


La descente est tout aussi pentue que la montée sinon plus. Nous dévalons rapidement sur Villebois les Pins où nous marquons une pause casse croûte plus longue. Le coin est très calme, la vie ne doit pas être simple au coeur de l'hiver dans ces villages reculés. Pour le moment il fait encore bon bien que le mois de novembre approche à grand pas, aussi nous profitons de la douceur pour nous restaurer le dos au soleil.


Laborel 14km800... Il ne nous en a fallu que cinq et demi par la petite bosse...
Prochain col au menu : le Reychasset, 1052m. Quatre kilomètres de grimpette tranquille, rien à voir avec le col précédent. Mon père commence à se débattre avec un problème de dérailleur qui semble soudainement déréglé. L'environnement est toujours aussi calme et agréable mais je commence à ressentir un peu de fatigue.



La descente nous dévoile encore une fois de superbes points de vue, je me régale. Je viendrai volontiers plus souvent dans ce coin si cela n'étais pas aussi éloigné de chez moi. Des routes désertes et en bon état, une succession de bosses toutes plus intéressantes les unes que les autres et des paysages magnifiques. Qu'est ce qu'un cycliste peut demander de plus ?


Nous franchissons un 11ème col, le col du Laux, pour rejoindre Chauvac Laux Montaux. S'ensuit une descente pour rejoindre la vallée de l'Armalauze que nous descendons bon train. Trop vite même puisque nous manquons la bifurcation vers le collet de Lemps. Nous sommes rapidement à Verclause où nous faisons le plein des bidons avant de continuer à descendre, vent de face, en nous relayant.


Je fatigue de plus en plus mais je sais qu'il ne reste que deux bosses sérieuses. Après avoir suivi le cours de l'Eygues sur environ huit kilomètres nous nous engageons sur les pentes du col de Soubeyrand, plus de 7km à près de 7%. Là j'explose complètement. Après avoir suivi le rythme de mon père sur la première moitié de l'ascension je le laisse doucement prendre le large. A un peu moins de 3km du sommet je dois faire une pause pour reprendre des forces. J'en profite pour avaler deux gels avant de repartir.



Ouf, enfin le sommet. Celui là il m'aura fait suer. Et dire que ce n'est pas fini ! Ce qui est fini ce sont les divers objectifs de moyenne et d'heure de retour. Maintenant ce qui compte c'est de rejoindre la voiture, continuer à grimper les cols pour finir cette belle sortie. Pour cela nous redescendons vers Saint Sauveur Gouvernet avant d'attaquer le col d'Ey.


Nous grimpons ce col par une route qui nous est inconnue, la D162 depuis le hameau des Granges. La pente est sensiblement la même que par Sainte Jalle mais le panorama est encore plus beau. Le seul hic c'est que la route a été par endroits copieusement gravillonnée et que la faible circulation n'a pas encore fait le ménage.
Je grimpe à mon rythme, avec mes moyens du moment c'est à dire plutôt lentement. Qu'importe, le but n'est pas de rouler vite mais de faire des bornes. De toute façon je ne peux pas aller plus vite.



Encore une pause pour que je puisse récupérer un peu avant de basculer vers Buis les Baronnies. Nous sommes juste à côté d'une aire d'envol de vol libre, quelques ailes tournoient au dessus de nous, parfois très proches du massif.
J'aime toujours autant la descente sur Buis, sinueuse, avec de beaux enchaînements de virages. Elle est seulement trop courte.


Une dernière pause à Buis les Baronnies pour refaire un plein d'eau et nous n'avons plus qu'à rentrer à Malaucène en passant par Entrechaux et les pas du Voltigeur et du Loup pour conclure cette chasse aux cols. Nous en aurons franchis 15 au total, de 320 à 1159m. Je fini complètement cramé mais ravi d'avoir passé la journée dans cette explosion de couleurs sous un soleil radieux.

Le profil :


La sortie en chiffres :
Distance : 175 km
Dénivelé (Openrunner) : 2900 m
Durée : 7 h 27
Vitesse moyenne : 23.5 km/h

Par Laurent
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Vendredi 9 octobre 2009
Début du week-end dès 15 heures ! Il fait encore très beau, pas de vent et 25°C. Le temps idéal pour rouler. Je me change rapidement et prend la route avec l'idée d'aller promener mes pneus du côté du Luberon. Avant de partir j'ai hésité à m'équiper pour la nuit mais avec près de 4 heures devant moi cela devrait être bon. Je pars pour environ 90km, cela me laisse bien assez de temps.

Aujourd'hui je vais rouler très cool. Je maintient un rythme calme en faisant mon possible pour ne pas dépasser les 132 puls (seuil de lipolyse). Je dois régulièrement contrôler le cardio pour ne pas me laisser entraîner par mes habitudes.

Pour rejoindre le Luberon je passe par Althen les Paluds, Velleron puis l'Isle sur la Sorgue avant de rejoindre Robion. Tout cela sur un léger faux plat qui permet de me mettre doucement en jambes. Légère la mise en jambes, ce n'est pas à cette intensité que je vais me faire un claquage ! Je maintient toutefois une vitesse de croisière nettement supérieure à 30km/h.


A Robion je suis au pied de la face nord du Luberon. Je la longe sur des petites routes tranquilles et légèrement vallonnées, idéalement tracées pour la pratique cycliste. Je profite des petites bosses pour travailler en force en me permettant une FC max de 155 puls.

Le côté technique de l'entraînement ne m'empêche pas de profiter pleinement des superbes paysages et des villages tous plus beaux les uns que les autres. Cela commence par Maubec avec une incursion dans le vieux village et ses petites rues pavées.



Je choisis de ne pas passer par Oppède le Vieux pour ne pas avoir à gravir la méchante pente à plus de 12% qui mène au village. Poursuite donc au pied du massif jusqu'à Ménerbes, toujours en enchaînant les faux-plats et les pourcentages plus sérieux.


En traversant Ménerbes une bestiole a eu la bonne idée de venir me chatouiller le fond de la gorge. Après quelques minutes à essayer de faire passer la toux provoquée par l'insecte, évidemment dans un faux-plat montant pour que je m'étouffe un peu plus, je reprend une allure régulière et me dirige vers Bonnieux.

Dans la courte descente menant au pied du village je suis à deux doigts de m'étaler de tout mon long dans une courbe serrée à droite. Je n'ai pas vu un trou, je me suis maintenu sur mes roues de justesse. Par contre je dois m'arrêter pour récupérer un de mes bidons qui a voulu se faire la malle.


Il y a beaucoup moins de monde maintenant que la saison touristique est passée. C'est nettement plus facile de circuler en profitant de la beauté des lieux. Je ne m'attarde pas et redescend  vers Goult. Un petit coup d'oeil à la montre : pas loin de 18 heures ! Aïe, il ne me reste moins d'une heure et demie pour rentrer et il me reste plus de 50 bornes à faire... Plus le temps de flâner, il va falloir que j'appuie franchement sur les pédales. Je choisis donc le chemin le plus court pour revenir, en passant par Saint Pantaléon puis Les Imberts.


A partir de là je monte encore le rythme, jusqu'à atteindre puis dépasser mon seuil anaérobie. Moi qui voulais faire une petite sortie tranquille, c'est raté. Après avoir traversé Cabrières d'Avignon je vais vers Fontaine de Vaucluse que je ne prendrai pas le temps de visiter.


Dans la descente sinueuse sur Fontaine de Vaucluse un moucheron, encore un, a décidé de visiter mon oeil. Un malin ce moucheron, il a habillement contourné mes lunettes pour s'écraser sur l'oeil droit et y laisser la vie. Un vrai kamikaze ! A 65km/h je vous laisse imaginer ce que cela fait de ne plus rien voir ou presque. Freinage en urgence, je me retrouve arrêté de l'autre côté de l'étroite chaussée. Par bonheur il n'y avait personne en face.
Mais décidément l'insecte est un filou. Impossible de m'en débarrasser, je devrais poursuivre ma route avec mon passager clandestin.

Toujours à fond je file sur l'Isle sur la Sorgue puis Velleron par une route différente de l'aller, plus passante mais beaucoup plus roulante. Le soleil décline rapidement, il ne faut pas que je traîne. Et bien sûr j'ai sa lumière rasante en pleine face. Avec mon clandestin, qui a discrètement migré de la paupière supérieure à la paupière inférieure, toujours présent je ne distingue presque plus rien de la route et de ses usagers.

Après Velleron c'est vers Les Valayans que je me dirige. Il ne me reste alors qu'une dizaine de kilomètres à parcourir et le soleil disparaît lentement derrière la ligne d'horizon. Je peux relâcher mon effort pour finir plus calmement.


J'arrive à Sorgues dans les toutes dernières lueurs du jour. C'était vraiment juste. Je me suis laissé tromper par la douceur inhabituelle en cette saison, j'aurais dû m'équiper pour la nuit pour plus de sûreté. On ne m'y prendra plus !

La télémétrie :


La sortie en chiffres :
Distance : 111.6km
Dénivelé : 950 m
Durée : 3 h 45
Vitesse moyenne : 29.8 km/h
FC moy / max : 137 / 182
Par Laurent
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Dimanche 4 octobre 2009
En ce samedi j'accompagne quelques cyclos (et cyclote) de l'ATSCAF du Rhône dans leur tentative pour devenir des Cinglés du Mont Ventoux. Nous nous sommes donné rendez-vous à Malaucène avant la première montée. Le temps de faire connaissance avec ceux que je ne connais pas encore et nous attaquons la face nord.

Il fait beau, la température est idéale pour la grimpette (11°C) et les jambes sont bonnes. L'optimisme et la bonne humeur sont de la partie, même si le sommet est un peu encombré. Rapidement chacun prend son rythme dans la pente.



Un peu plus loin nous pouvons constater que le nuage présent au sommet ne semble pas vouloir s'en déloger. Et d'après sa forme, le vent sera aussi de la partie.



Je prend un peu le large pour rejoindre Yann qui a pris quelques longueurs d'avance sur ses collègues. Nous restons ensemble jusqu'à la sortie de la forêt à deux kilomètres du sommet. C'est d'ailleurs à ce moment que le soleil semble vouloir prendre le dessus sur les nuages.


Dans les deux derniers kilomètres nous nous regroupons pour terminer cette première ascension ensemble ou presque. Le vent rend l'atmosphère plutôt fraîche, pourtant il ne fait pas froid pour un mois d'octobre. Les nuages traversent rapidement la route mais le vent est quand même moins violent que je ne le craignais.




Cette première grimpée est bouclée en 2 heures tout pile, un temps un peu rapide pour certains qui craignent de ne pas pouvoir tenir la distance. Et pourtant il le feront !

Il ne fait pas chaud en haut, nous nous habillons rapidement. Pendant que mes compagnons de route font valider leur ascension j'évalue la densité du nuage dans la descente sur Bédoin. Cela n'a pas l'air trop bouché, ouf.


Une photo souvenir du petit groupe et nous repartons vers le point de départ de la "Voie Royale". La descente se passe très bien, le vent n'est pas trop gênant et le brouillard inexistant. Nous devons cependant faire attention à la circulation montante, de nombreuses voitures et motos doublent une longue file de cyclistes, comme d'habitude.


A Bédoin il fait bien meilleur avec un grand soleil. Que c'est agréable ! Nous nous retrouvons autour de la fontaine pour nous dévêtir et faire le plein des bidons. Le petit groupe respire la bonne humeur.


Pour cette seconde grimpée chacun prend son rythme dès le pied. Dès lors c'est chacun pour soi dans un but commun. Je roule un moment avec Bruno, avec qui j'ai déjà partagé une sortie en juillet dernier en compagnie de sa femme Magali, alias Fantomette. Le sommet est maintenant visible, une invitation au défi.


A partir de Sainte Estève je laisse Bruno pour rejoindre Yann qui a encore une fois pris la poudre d'escampette. Nous ferons une bonne partie de l'ascension avec deux coureurs de Salon, qui après avoir joué les costauds sur le pied semblent un peu plus dans le dur. Nous les accompagnerons jusqu'au Reynard puis ils prendront le large.



Plus que 6 kilomètres et nous en aurons fini avec cette deuxième grimpée. Le vent est favorable jusqu'au sommet, mais je n'ai plus vraiment envie de rouler. C'est bizarre, en quelques kilomètres j'ai perdu toute motivation. Moi qui voulais en enchaîner 4 ou 5, je sais avant même de finir la seconde que ce sera la dernière du jour. Il va falloir que je travaille là-dessus si je veux m'aligner sur des courses Ultra l'année prochaine.


Seconde ascension en 2h05. Yann se couvre rapidement et redescend immédiatement sur Sault pour son ultime aller-retour du jour. Quant à moi je prend le temps de manger un peu avant de rejoindre la voiture à Malaucène.
Dans la descente je passe très près de la chute lorsque deux chamois traversent, à mi-chemin entre le sommet et le Mont Serein. Un gros coup de frein et une belle frayeur ! J'ai juste eu le temps de sortir l'appareil photo.


Le reste de la descente sera plus calme, il y a beaucoup moins de monde que sur l'autre versant. Une fois en bas je peste intérieurement. Pourquoi ne suis-je pas capable mentalement de faire ce dont je suis capable physiquement ? Je suis à la fois déçu et en colère. Je n'ai même pas mal aux jambes, à peine une petite crampe au pied, sans doute dûe au froid. Je n'ai plus envie, tout simplement.

Yann, Bruno, Alain et Florian sont venus à bout de leur défi et sont à leur tour devenus des Cinglés du Mont Ventoux. Christophe et Christiane ont eux achevé leur journée avec deux grimpées enchaînées, une belle performance. Bravo à vous !


La sortie en chiffres :
Distance : 87.2 km
Dénivelé : 3090 m
Durée : 4 h 45
Vitesse moyenne : 18.3 km/h
FC moy / max : 136 / 186
Par Laurent
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Dimanche 27 septembre 2009
Je reprend le rythme de l'entraînement en enchaînant les sorties un jour sur deux. Au passage je rallonge sensiblement la distance et le dénivelé pour pouvoir préparer 2010 sur des bases de qualité.
Je ne me suis pas vraiment fait de plan de route pour cette sortie. Je veux découvrir une nouvelle route dans les Dentelles de Montmirail, après on verra en fonction des jambes et de l'envie.

Je prend la route un peu après 15 heures, par près de 30°C, une température qui me convient bien. Une vingtaine de kilomètres de plaine pour rejoindre Beaumes de Venise, au pied des Dentelles. Maintenant il faut que je trouve cette route qui mène au col de Suzette. Jusqu'à Lafare pas de problème, c'est le chemin habituel. Ensuite je prend la direction de La Roque Alric en cherchant cette fameuse route sur ma gauche. J'arriverai quand même à la manquer, alors demi-tour pour la trouver une centaine de mètres plus bas.

Sur la carte cela promet d'être corsé, les courbes de niveau sont particulièrement rapprochées. On verra bien, je suis venu pour ça. En effet après quelques hectomètres de descente la route s'élève franchement, nécessitant l'emploi du petit plateau jusqu'au sommet.


En fait c'est un véritable escalier qui se présente à moi. Mais plus je l'escalade, plus les marches sont hautes ! Si la première fait 8%, les suivantes sont de plus en plus dures : 10, 12, 15 puis 16%, c'est à peine si je peux récupérer entre deux coup de cul. Heureusement la panorama qui se dévoile au fur et à mesure de l'ascension vaut les efforts fournis.


Tout comme les passages les plus rudes, les temps de "repos" sont de plus en plus pentus. Mais entre deux portions à 15% il est presque agréable de récupérer dans une déclivité de 9%. L'arrivée dans le village de Suzette ne signifie pas la fin de la difficulté, il restera une dernière rampe à franchir avant d'atteindre le col.


Ouf, le voilà ce col ! Des quatre routes qui y mènent celle-ci est sans conteste la plus dure. J'y reviendrai !
Après une courte pause pour faire le plein des bidons (c'est que j'ai bu dans cette bosse !) je repars en direction du col de la Chaîne, de l'autre côté du cirque de Saint Amand. Dans ce second col, relativement court, je monte le rythme pour me mettre un peu dans le rouge. J'ai envie de rythme, de ressentir cette fatigue musculaire qui assaille les jambes après une grosse journée de vélo.

J'arrive rapidement au sommet et bascule dans la descente sur Malaucène. Je ne vais pas jusqu'au village et décide de prendre directement vers le col de Saint Michel pour ratrapper la route de Bédoin. Je préfère éviter la circulation automobile, les voitures sont trop haineuses en ce moment. Tous des fadas...

Pour rallier Bédoin je passe par l'inévitable col de la Madelaine, toujours aussi agréable. Et bien sûr je me fais serrer par un automobiliste râleur qui ne peut pas comprendre qu'il puisse y avoir des vélos sur SA route. J'en ai vraiment marre de cette mentalité.

Le sommet du Ventoux est perdu dans d'épais nuages très noirs. L'orage doit être violent, je n'aimerai pas me trouver là haut à ce moment là. Hélas cet orage ne se contente pas du Ventoux est veut prendre possession de la plaine, aux pieds du Géant. Moi qui voulais tirer jusqu'à Flassan, je vais devoir choisir un autre itinéraire, et rapidement si je désire échapper à la douche. Je prend donc la direction de Mormoiron, en sens inverse de la dernière EDT. L'orage n'est pas loin et se rapproche toujours.



Je peux oublier les monts de Vaucluse et les cols de la Ligne et de Murs. Je suis contraint de rejoindre la vallée du Rhône, ses routes plates et sa circulation dense.

A la sortie de Mormoiron je reprend un cycliste aux jarrets bien rasés qui saute immédiatement dans ma roue. J'accélère pour le décrocher mais celui-ci tient et me prend un relais. Voilà qui n'est pas habituel. Il semble rompu à l'exercice cyclosportif d'après l'inscription sur son bidon : Grand Trophée 2001. Je ne faisais même pas de vélo à cette époque. Nous nous relayons efficacement jusqu'à Mazan, puis prennons tous les deux la direction de Pernes les Fontaines. Dans la petite bosse à la sortie de Mazan il accélère, tout en force. Je me cale derrière lui, facile mais dans la zone rouge. En haut de la butte je repasse devant et file sur la courte partie plane avant la petite descente de quelques centaines de mètres. Je me retourne en bas et... plus personne. Il entame juste la descente. Dommage on roulait bien.

Je n'ai pas le kilomètrage voulu, donc je fais un petit crochet par Saint Didier, avec une petite bosse au passage, puis redescend vers Pernes et Velleron. Ces routes ne me plaisent pas, elles sont trop passantes et trop plates pour moi. Pourquoi cet orage juste aujourd'hui ? Bien décidé à faire encore un peu de grimpette avant de rentrer je roule vers Jonquerettes. Il ne me reste plus qu'à revenir sur Sorgues, je commence à être fatigué.

Maintenant que j'ai réussi à me remettre en selle il faut que je tienne la cadence. Et je dois absolument perdre quelques kilos avant l'hiver pour ne pas trop souffrir en début d'année, mais ce sera encore plus dur que de remonter sur le vélo.

La télémétrie :


La sortie en chiffres :
Distance : 106.5 km
Dénivelé : 1110 m
Durée : 3 h 30
Vitesse moyenne : 30.4 km/h
FC moy / max : 149 / 179
Par Laurent
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