Vendredi 13 mai 2011
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21:37
La météo exceptionnellement chaude de ses dernières semaines est problématique pour les réserves hydriques de nos régions.
Par contre cela permet de nous attaquer à des cols à plus de 2000m dès la fin avril, ce qui est tout aussi exceptionnel.
En ce mercredi après-midi c'est la Croix de Fer qui a retenu mon attention. J'aime ce col, son ambiance, son calme. Déjà le 6
avril j'avais tenté une ascension, mais j'ai été stoppé par une coulée infranchissable avec un accoutrement cycliste peu après le barrage de Grand'Maison. Par contre j'avais ressenti quelque
chose de très particulier sur cette route encore fermée à la circulation. : la montagne imposait sa puissance et son hostilité.
Il en est tout autrement maintenant. La route est ouverte depuis déjà une quinzaine de jours, pour le plus grand bonheur des
amateurs de routes de montagne. Aussi l'objectif de cette sortie du mercredi après-midi est tout trouvé.
Je m'approche en voiture jusqu'à Allemont, évitant ainsi de remonter la vallée de la Romanche en vélo. Plusieurs zones sont
en travaux, ce qui rend cette portion de route déjà peu agréable en temps normal encore moins engageante. Et comme ça j'ai plus de temps à passer dans les pentes. Le contenu de cette première
journée de montagne est simple : des allers-retours dans les cols tant que les jambes répondent.
La mise en route est difficile, à froid et l'estomac plein, d'autant plus que les premières rampes ne sont pas les plus
faciles. La traversée du River d'Allemont offre un premier répit.
A partir de là les sensations reviennent peu à peu, ce qui me permet non pas de monter le rythme mais de profiter des
paysages. Je parviens rapidement au barrage derrière lequel je découvre une retenue d'eau bien amoindrie, signe du manque cruel d'eau.
Il n'y a pas une voiture, pas une moto, pas même un vélo. Tout est calme, je n'entend que le sifflement caractéristique des
marmottes lorsque j'en croise une d'un peu trop près.
Les derniers kilomètres sont un régal, dans une ambiance de haute montagne que j'affectionne particulièrement depuis que je
me suis installé dans la région.
Courte pause au sommet pour me ravitailler et enfiler un coupe-vent, et me voilà déjà dans la rapide descente qui me
ramène à mon point de départ. Je profite du peu de circulation pour me faire plaisir, tout en restant très prudent aux endroits les plus délicats. Le sort du malheureux Wouter Weylandt nous
rappelle que si le vélo permet d'atteindre des vitesses grisantes il n'en reste pas moins un sport qui expose plus que tout autre ses pratiquants à de réels dangers. Le plaisir oui, mais pas
à n'importe quel prix.
De retour au pied de la Croix de Fer je prend la direction de Vaujany pour aller chercher mon deuxième col à plus de
2000m de la journée : le col du Sabot. Sa longueur, 14km, et sa difficulté, 9.2% de moyenne, en font un obstacle redoutable. Mais sa rudesse est largement compensée par la beauté des paysages
qu'il offre.
Quelques gouttes de pluie se font sentir à la sortie de Vaujany, mais pour le moment l'orage reste bien accroché sur les
sommets, du côté de l'Alpe d'Huez. Pourvu que ça dure !
Je retrouve l'ambiance alpestre une fois passé le hameau de La Villette. La route serpente au milieu des alpages encore
désertés. Ce sont une nouvelle fois les marmottes qui m'accompagne tout du long de cette longue et belle ascension.
Sur le haut il reste encore de beaux restes de coulées de neige qui débordent largement sur la route. Évidemment celle-ci
n'est absolument pas dégagée, il faut attendre la fonte naturelle pour pouvoir l'emprunter. En vélo ça passe, même si en certains endroits il ne reste que quelques dizaines de centimètres
pour placer les roues (voir moins !).
Nouvelle courte pause au sommet pour m'habiller avant la descente. Avec l'arrivée de gros amas nuageux la température a
fortement chuté, une bonne dizaine de degrés de perdus. Cette descente n'a rien à voir avec la précédente, la route étroite et dégradée impose une vitesse raisonnable, rarement au dessus de
50km/h.
En revenant à La Villette je trouve une route bien mouillée. Je suis encore passé à côté de l'averse alors je continue,
d'autant plus que la fatigue n'a pas encore pris le dessus sur l'envie. A la sortie de Vaujany je bifurque sur la route du Bessey, encore un cul-de-sac : seulement 5km mais à plus de 10% de
moyenne.
Cul-de-sac veut dire route déserte, encore une fois. C'est comme ça qu'on en profite le mieux, non ? Par contre ce
coup-ci je hausse le rythme afin de ne pas prendre l'orage qui doucement dégouline des sommets pour enserrer les vallées. Si je ne me bouge pas un peu je vais finir trempé.
Au sommet la vue depuis la table d'orientation est magnifique. Il faudra que j'y revienne par beau temps pour mieux en
profiter, car là la pluie rétrécie considérablement l'horizon ce qui a pour effet d'amplifier l'étroitesse des vallées.
Cette fois il est grand temps de retourner à la voiture. La route reste sèche jusqu'à retrouver celle descendant des cols
du Glandon et de la Croix de Fer, mais ensuite elle est totalement détrempée. Plus je me rapproche d'Allemont plus la pluie s'intensifie, il ne fallait pas insister plus longtemps.
La sortie en chiffres :
Distance : 99.7 km
Dénivelé : 3590 m
Durée : 4 h 40
Vitesse moyenne : 21.3 km/h
Une ballade qui en appelle d'autres, ça c'est sûr. C'est vraiment très agréable de se retrouver sur ces routes de montagne, elles commençaient à me manquer.
J'étais un peu déçu par la moyenne en revenant à la voiture, mais en calculant la VAM (pratiquement 770m/h) je me suis rendu compte que ce n'étais pas si mal que ça. En effet depuis que le dos va mieux la forme grimpe en flèche, c'est en très bonne voie. Prochain test sur le Ventoux dans les jours qui viennent.
A bientôt !
Pour la météo c'est un gros coup de chance, je n'ai pas vraiment cherché à éviter l'orage. J'ai plutôt composé avec, si il avait claqué au dessus de ma tête je serai rentré plus tôt.
Comme tu le dis sympa le dénivelé, avec ce ratio la moyenne me convient tout à fait. C'est que je n'ai pas ton gabarit moi ! Cela deviendra un objectif dans quelques temps, quand les sorties en haute montagne seront devenues plus régulières.
Un tel recit fait rêver l'assoifé de cols que je suis...!
@+
Grand Pierre ;-)
Salut Pierre,
Ce n'est que le début, il y a encore pleins d'autres cols auxquels j'ai envie de rendre visite : le Glandon par son versant Maurienne, le Sarenne, le Galibier... Tout ça c'est pour bientôt !
Non seulement il n'est pas très loin de chez toi, non seulement il est à plus de 2000m, mais en plus il est vraiment super à grimper !
Comme d habitude beau reportage et une bien belle sortie
A plus...
Merci David !
Salut Bastien,
Non ce n'était pas moi, je ne suis pas encore aller lui rendre visite. Mais c'est pour bientôt, en mode chrono !
En tout cas , superbe sortie , dans un cadre fantastique que je connais bien .... il faut juste faire attention à ne pas rouler sur une marmote ...
Sans faire des allers-retours sur un seul et même col il est difficile d'avoir un coef plus élevé. Une petite série de montées / descentes sur le Luitel donnerait un coef de 4,9 mais la descente est vraiment trop dangereuse.
L'année dernière j'ai bien failli m'en faire une de marmotte, en redescendant de la Bérarde. Elle est passée quelques dizaines de cm devant mes roues !
Qu'elles sont belles les Alpes.
On entend pas les marmottes dans ta vidéo !
A bientôt.
Hervé.
Ah ça oui elles sont belles ! Cela efface une partie de l'effort fourni pour arriver là-haut.
Non on n'entend pas les marmottes, malheureuesment mon appareil photo n'est pas d'assez bonne qualité.
A+
quand j'étais en Hte Savoie je faisais plein de route en cul de sac, je ne me contentais pas de la chasse aux cols (Cricri, Skeleton ,,,) car je cherchais les belles vues les cascades
On ne sait jamais sur quoi on va tomber sur ces routes. Des fois cela fait beaucoup d'efforts pour rien, mais parfois on découvre des paysages vraiment magnifiques.