Dernière sortie de l'année, j'avais envie de marquer le coup. Je me suis programmé une virée de 225km dans les
monts de Vaucluse, le Luberon et les Alpilles, avec la terrible côte de Sainte-Anne et son dernier kilomètre à 21%. Mais un imprévu a décalé l'heure du départ. Je ne suis disponible que l'après
midi, ça va faire court. A moins que...
Je revoie le parcours, ce sera les Dentelles de Montmirail et les monts de Vaucluse, environ 160 kilomètres. Ca veut dire que je rentrerai à la nuit tombée. Je prépare donc le vélo en conséquence
et c'est parti !
Direction Beaumes-de-Venise, les 25 premiers kilomètres sont tout plats et avalés à bonne allure. Le temps est couvert mais il ne fait pas froid, 6°C. Les jambes répondent pas trop mal bien qu'un
peu lourdes. La première bosse sera le col de Suzette, au coeur des Dentelles de Montmirail.
Ce col peut être considéré en deux parties : le premier tronçon, jusqu'à Lafare, est en faux-plat. A partir de Lafare la pente se durcie jusqu'au sommet : d'abord 5 à 6% puis 8 / 9% sur la fin. Au
total 7 kilomètres à 4.2% de moyenne.
De Suzette je poursuis sur le col de la Chaine, de l'autre côté du cirque de Saint-Amand, après une courte descente.
Vue sur le col de Suzette et les Dentelles depuis le col de la Chaine
Au bas du col de la Chaine je bifurque au sud vers le col de Saint Michel en évitant Malaucène et ses routes
trop fréquentées. Ce col n'est vraiment pas difficile. C'est un faux plat, seuls les 500 derniers mètres sont à 9%.
Plutôt que d'aller directement sur Bédoin, je descends vers Caromb pour emprunter la petite route menant au lac du Paty. Le premier kilomètre est dur, la pente oscille entre 9 et 12%. Ensuite,
après le lac, c'est bien plus facile jusqu'à rattraper la route menant au col de la Madeleine. Très belle route qui permet de grimper le petit kilomètre 600 à 4% à bonne allure.
Au bas de la descente je me retrouve à Bédoin. Je poursuis vers Flassan, en longeant le pied du Ventoux, toujours aussi blanc. La route vers Flassan s'élève doucement, pas plus de 2 ou 3%.
Flassan
De là je m'attaque au gros morceau du jour, le col Notre Dame des Abeilles qui culmine à 996m, 13km d'une
route large et bosselée à 4.4%. Long et monotone mais pas difficile de ce côté le col ne présente qu'un court passage à plus de 8%. Cependant les sensations ne sont pas au top. J'ai du mal
à avancer, les cuisses sont dures.
Au sommet il ne fait plus qu'un petit degré. Je prend quelques minutes pour me couvrir avant la descente et avaler une barre à moitié congelée. Même chaudement habillé, 1°C à plus de 65km/h
ça pique !
En descendant du col Notre Dame des Abeilles
Avant Sault je tourne vers Monieux. Les rues du village sont déjà éclairées. C'est vrai que la nuit
tombe vite en cette saison.
De Monieux je remonte vers Saint Hubert. Il y a beaucoup moins de neige que la dernière fois, heureusement. J'aperçois un sanglier qui fuit à mon approche. Peu avant l'auberge je
m'arrête pour mettre en place mes feux sur le vélo, plus la frontale. Une dernière photo du Ventoux et c'est reparti dans la pénombre.
La descente est avalée bon train, je profite du peu de luminosité qui se maintient difficilement. La vallée s'éclaire petit à petit, on distingue les villages bien plus aisément qu'en
pleine journée.
Au carrefour de la route de Méthamis je remonte vers le col de la Ligne avant de plonger sur Murs. La nuit à le mérite de retenir mon attention sur la route. Du coup je ne pense plus à
mes jambes et ça monte plus vite. Comme quoi la c'est avec la tête qu'on avance. La descente est une véritable tôle ondulée, j'ai failli perdre mon phare en route ! Je l'avais pourtant
bien serré.
Quand j'arrive sur Murs il fait nuit noire. Une voiture arrive en face et s'arrête pour me laisser passer. Au moins on me voit bien.
Le lavoir de Murs
Sorti du village je m'engage dans la dernière difficulté, le col de Murs. Je suis seul avec ce
petit cercle de lumière tremblotant devant mes roues. C'est spéciale comme ambiance. Deux yeux brillent au bord de la route. C'est un chien, tout aussi surpris que moi.
Bien que je connaisse ce col par coeur j'ai du mal à savoir où je me trouve exactement. Encore deux petits yeux droit devant. Ils disparaissent avant de réapparaître à mon niveau,
deux mètres en surplomb. Je ne distingue pas leur propriétaire. Tout ce passe dans un silence lourd. Je suis le seul à faire du bruit ici.
Je n'aurais jamais effectué cette descente aussi lentement. Elle est technique et la présence de plaques de verglas sur le haut m'incite à la plus grande prudence. Les gorges, même
peu profondes filtrent le peu de lumière que le ciel nuageux daigne m'allouer. Je ne vois rien. Sur le bas une nouvelle paire d'yeux m'observe, puis une autre. Putain, je vais finir
par me pisser dessus ! La fin de la descente, une fois sorti des gorges, sera plus rapide.
La sortie touche à sa fin, je rentre par Saint-Didier, Pernes-les-Fontaines et Entraîgues par des routes que je connais bien, en appréciant l'éclairage public. Finalement les jambes
ne sont pas si mal et je ne suis absolument pas fatigué. Les longues sorties portent leurs fruits.
Et voilà, l'année 2008 touche à sa fin. Je m'octrois quelques jours de repos complet et reprendrai l'entraînement dès le 3 janvier. D'ici là je vous souhaite de passer de très
bonnes fêtes de fin d'année ainsi qu'une excellente année 2009. Qu'elle puisse vous combler, autant au niveau sportif que personnel.
A L'AN QUE VEN !!!
Le profil :
La sortie en chiffres :
Distance : 160.1 km
Dénivellé : 2370 m
Durée : 5 h 42
Vitesse moyenne : 28.1 km/h
FC moy / max : 141 / 172