Un mistral à décorner tous les cocus de la terre nous saoule depuis près d'une semaine. Des rafales à plus de
100km/h, pas le temps idéal pour sortir le vélo. Les vacances commencent bien. Aujourd'hui il s'est un peu calmé et ne souffle plus que dans la vallée du Rhône.
Je ne suis plus monté au Ventoux depuis début novembre. C'est con mais ça me manque. Il me faut ma dose de Ventoux régulièrement. Le temps est annoncé beau et sans vent, autant en profiter. Il n'a
pas neigé depuis une semaine, la route doit être dégagée jusqu'au Reynard. Si ce n'est pas le cas, il sera bien temps d'aviser.
Je pars de Bédoin peu après 10 heures. Comme prévu il fait beau et pas un souffle d'air. Le lundi c'est jour de marché, le village est animé. Je me suis habillé un peu plus légèrement aujourd'hui
et il ne fait que 4°C au pied du Ventoux alors qu'à Sorgues on atteignait déjà 10°C. J'ai peur d'avoir froid dans la descente, je n'ai même pas pris de coupe-vent.
Aujourd'hui je ne pars pas pour faire un chrono, je m'applique à rester souple, sans forcer outre mesure. J'y parviens facilement, les sensations sont excellentes. Je suis ravi d'être là, à grimper
des pentes à 10%. La neige fait rapidement son apparition mais il fait bon. A mi-pente je ressent un léger vent chaud. Autour de moi tout est blanc et il fait chaud. C'est génial.
Sur le bord de la route la neige forme de petits murets de 50cm, puis 70, puis 1m. Le revêtement est sec, blanchi par le sel. Ici la route est mieux dégagée quand il y a beaucoup de neige et que
les domaines skiables sont ouverts. Lorsque cela ne tourne pas personne ne prend la peine de déneiger correctement.
2km en dessous du Chalet Reynard
Je monte toujours tranquillement sans regarder le compteur, en 34x25, tournant bien les jambes. Je ne
passerai le 27 que dans les passages les plus pentus. Pour ne pas forcer.
J'arrive au Reynard en 1h05. Et bien je n'ai pas tout perdu ! Je pensai trouver un rythme adéquat pour les Ventoux Masterseries, ce n'est pas le cas. Aujourd'hui ça me ferait environ 1h30 pour
la montée complète, c'est trop rapide. Il faudra que j'y revienne pour trouver le tempo des 1h45.
Il n'y a pas foule au Reynard. Une vingtaine de voitures au plus. Il doit y avoir plus de monde de l'autre côté, au Mont Serein. Je poursuit ma montée jusqu'à la barrière de la Grave. Ce sera
mon sommet aujourd'hui. En VTT c'est jouable mais pas sur mon vélo de route. A partir de là il n'y a plus que les militaires qui passent avec leur chenillette, pas besoin de dégager plus.
Je fait donc demi tour devant une famille très occupée à profiter de la poudreuse. Le patriarche trouve néanmoins le temps, le sourire aux lèvres, de me proposer ses chaînes pour pouvoir
poursuivre. Je décline l'offre lui faisant remarquer que ses roues ne font que 16 pouces. Trop petit, dommage.
Contrairement à ce que je craignais la descente sur Sault est un régal. Au soleil la plupart du temps je n'ai pas froid et la route est là aussi sèche. En arrivant au carrefour avec la route
menant au Pas de la Frache je constate qu'elle n'a pas eu les honneurs des chasses-neige.
La neige se fait plus rare dès 1100m et disparaît presque totalement quelques kilomètres après le Ventouret. Le plateau de Sault, complètement bloqué par la neige il y a moins de dix jours, a
retrouvé ses paysages habituels.
La chapelle du Ventouret
Au bas de la descente je ne remonte pas dans Sault mais emprunte la petite route en faux-plat montant qui
longe la route principale menant à Aurel. A Aurel je continu sur les petites routes pour rejoindre l'entrée de la vallée du Toulourenc. Je découvre au passage une belle bosse qui m'était
inconnue, dans le sens descendant malheureusement. Il faudra que je revienne la faire dans le bon sens, la pente est belle.
Peu avant Montbrun-les-Bains je m'engage dans la vallée du Toulourenc. Un long faux-plat descendant jusqu'à Saint-Léger-du-Ventoux. En arrivant sur Savoillan le Ventoux se dresse droit
devant.
A certains endroits la route passe dans l'ombre du massif. Dans ces portions la route est recouverte d'une fine pélicule de givre.
La côte de Saint-Léger casse bien le rythme : 4km à 4.5%. La descente qui s'ensuit vers le Pas du Ventoux est rapide sur une route large en parfait état. Au col de Veaux je bifurque vers le
hameau du même nom, au bord du Toulourenc. Un chemin de randonnée emprunte le lit du ruisseau au départ de Veaux. Très agréable en plein été mais, rançon du succès, très fréquenté.
De Veaux je file sur Malaucène en passant par les cols des Gainons et des Astauds. Ces deux petites bosses ne sont pas longues, pas bien raides, mais je n'y suis jamais à mon avantage. Je
n'arrive pas à trouver mon rythme dans cette succession de courtes montées et descentes.
Me voilà à Malaucène. Je retourne sur Bédoin par le petit col de la Madeleine et sa route neuve. Je boucle la sortie à 100km pile. Le thermomètre de la voiture indique 13°C. Que c'est bon
!
Le profil :
La sortie en chiffres :
Distance : 100.1 km
Dénivelé : 2100 m
Durée : 3 h 48
Vitesse moyenne : 26.3 km/h